|
Narcissisme
Le narcissisme, pour la psychanalyse comme pour le discours courant
désigne l'amour que le sujet se porte à lui même.
Chacun, bien sûr, peut se rendre compte de l'importance de ce
phénomène, bien décrit par les auteurs classiques, et qui éclaire
l'infatuation ordinaire. Les psychanalystes ont pu en saisir
différentes formes, les décrire, en montrer les effets.
Il convient d'abord de relever que le narcissisme n'est pas par nature
un phénomène pathologique. De même que le sujet investit des objets
extérieurs (les personnes qu'il aime et désire), il peut aussi tourner
son amour vers le moi lui même. On parlera dans le premier cas d'une
libido d'objet, dans le second cas d'une libido narcissique. On
relèvera que l'une peut se transformer en l'autre (quand par exemple le
sujet est victime d'une désillusion amoureuse). C'est même cela qui
fait parler, dans un cas comme dans l'autre, de libido.
Jacques Lacan a renouvelé le concept freudien de narcissisme en
montrant que le moi* lui même se formait par identification à une
image (l'image de soi dans le miroir et dans le regard de l'autre). Le
bébé n'a pas dans les premiers mois de la vie, une image unifiée de
son corps, et c'est la constitution de cette image qui va le protéger
contre ce qu'il peut éprouver comme un morcellement. On conçoit que
cette image soit particulièrement investie. On peut même penser que
c'est pour une bonne part soi-même que le sujet continuera à aimer
dans l'autre.
Notons enfin qu'on peut distinguer narcissisme et auto-érotisme : si le
narcissisme concerne la personne prise comme totalité, l'auto-érotisme
désigne la façon dont le sujet - et notamment l'enfant - peut prendre
une partie de son corps comme source d'une satisfaction. On sait que
Freud s'est attiré la critique en montrant que beaucoup d'activités de
l'enfant, même lorsqu'elles s'étayent sur des besoins naturels ( téter,
déféquer ) peuvent être "libidinalisés". |
|